Jean Fray (1860-1943)

 

1917-1920 VG Fray TRVétérinaire inspecteur Jean FRAY (1860-1943)

Jean Fray est né à Ambérieux-en-Dombes (Ain) le 20 avril 1860[1]. Après de solides études secondaires, étant bachelier, il est admis sans examen à l’école vétérinaire de Lyon en 1877. Il est alors le seul bachelier de sa promotion (55 élèves admis). Sa scolarité est brillante : il reçoit le premier prix en première, troisième et quatrième années et le deuxième prix en deuxième année et sort en 1881.

Il entre alors en deuxième place à l’école de Saumur en 1881 d’où il sort major de sa promotion et est affecté comme aide-vétérinaire au 18° Régiment d’Artillerie. En 1886, il est promu vétérinaire en second au 4° régiment de spahis à Sfax en Tunisie. Fin 1893, il rejoint le 6ème escadron du train au camp de Chalons. En juillet 1897, il est promu vétérinaire en premier et affecté au 5ème régiment de chasseurs à Neufchâteau. En 1901, il est muté au 5ème escadron du train à Fontainebleau.

Le 30 décembre 1902, il est nommé membre de la section technique du comité de cavalerie et affecté au 1er régiment du génie à Versailles. A ce poste technique proche de l’administration centrale du ministère, il peut faire apprécier la qualité de ses services et ses grandes compétences techniques et même exercer une certaine influence.

En mai 1906, il est promu vétérinaire major et muté au 2ème régiment d’artillerie à Grenoble. En décembre 1912, il est promu vétérinaire principal de deuxième classe et nommé directeur du 13ème ressort vétérinaire. En octobre 1913, il est nommé directeur du service vétérinaire du 15ème corps d’armée à Marseille.

Affecté ensuite au 36ème corps d’armée, il est promu vétérinaire principal de première classe le 2 juillet 1915 et devient directeur du service vétérinaire d’une des armées françaises.

Il est ensuite nommé vétérinaire inspecteur par décret du 26 juin 1917 en remplacement du vétérinaire inspecteur Barrier et devient ainsi le deuxième vétérinaire à accéder au grade d’officier général. A ce poste, il aura une action déterminante et sera à l’origine d’une réorganisation complète du soutien vétérinaire avec une plus grande autonomie du service.

En 1936, devant l’Académie vétérinaire de France, le vétérinaire général Vivien rappelait ainsi son action :

«  Nous aussi, vétérinaires, avons eu pendant la guerre notre Clémenceau. Mêmes apparences dans la silhouette : trapu, engoncé dans une peau de chèvre, guêtré de cuir épais, coiffé d’un képi enfoncé un peu de guingois jusqu’aux oreilles, on l’a vu un peu partout et ceux des Flandres surtout s’en souviendront, promenant dans les cantonnements du front et les bivouacs des trains de combat son visage coloré que barrait la moustache blanche.

Il surgissait tout à coup, là où on l’attendait le moins, et le premier contact manquait souvent de moelleux. Notre service était alors inorganisé, sans liaisons techniques efficaces et allait mal : mais il fallait se garder de se retrancher derrière le manque d’ordres ou d’impulsion venue d’en haut ; chacun devait apprendre à se porter au devant du devoir et des responsabilités et à substituer aux lacunes de l’organisation. Et cette leçon, on la recevait dans le mode sévère. Le ton colère de la voix grondeuse impressionnait si l’on ne savait voir la lueur de bonté malicieuse qui était dans le regard et, déjà, annonçait les paroles encourageantes et même amicales de la conclusion. » [2].

Il est le premier vétérinaire militaire à être promu à la dignité de commandeur de la Légion d’Honneur le 11 juillet 1920. Elu président de l’Académie vétérinaire de France en 1929, le vétérinaire général Jean Fray est décédé le 23 janvier 1943.



[1] Son père était boulanger et sa mère Louise Saint-Cyr était la sœur de François Saint-Cyr professeur à l’école vétérinaire de Lyon. A son décès en 1892, il lèguera sa bibliothèque à son neveu.

[2] VIVIEN, 1936, p. 520-521.

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