Statuette de Saint Eloi, patron des vétérinaires.

Statuette en bois polychrome représentant St Eloi ferrant une jambe coupée de cheval.

Statuette en bois polychrome représentant St Éloi ferrant une jambe coupée de cheval.

Détail de la jambe coupée.

Détail de la jambe coupée.

 

La légende de St Éloi.

La légende dit qu’Éloi, simple maréchal-ferrant, avait accroché au dessus de sa porte cette enseigne : «Éloi, Maître sur maître. Maître sur tous».
Considérant que ce «Maître sur tous» était un défi à la puissance divine, Jésus résolut de lui donner une leçon d’humilité.
Le Christ s’habilla donc comme un simple forgeron et vint demander de l’embauche à l’atelier d’Éloi.
« Que sais-tu faire »? lui demanda-t-il.
« Je sais forger et ferrer aussi bien que quiconque en ce monde ».
« Vraiment ? Que dis-tu de ce fer que je viens de forger »?
« Pas mal », répondit Jésus, « mais on peut faire mieux ».
Sans attendre, Jésus forgea un fer encore mieux fini et plus élégant. Puis, ayant vu un cheval attendant à la porte de la forge, il lui coupa la jambe, la mit sur l’enclume, y cloua le fer, puis remit sa jambe au cheval qui semblait ne s’être aperçu de rien.
Piqué au vif, Éloi coupe une autre jambe au cheval et s’apprête à y poser le fer. Mais la bête saigne, hennit de douleur, tombe et serait morte si Jésus n’avait arrêté miraculeusement l’hémorragie avant de lui replacer sa jambe.
Honteux, Éloi brise alors son enseigne en disant : « Qui que tu sois, c’est toi le Maître et c’est moi le compagnon ».
Jésus lui répond : « Heureux celui qui s’humilie ». Éloi comprend alors à qui il a affaire et se prosterne devant lui.
« Je te pardonne » dit le Christ, car je te crois guéri. Reste « Maître sur maître », mais souviens-toi que je suis seul « Maître sur tous ».
Ayant dit cela, Jésus monte derrière le cavalier du cheval dont la jambe a été coupée deux fois et ils s’en vont.
Éloi remplaça son enseigne. Sur la nouvelle se lisaient seulement ces deux mots : « Éloi, Maréchal-ferrant ». Il se convertit aussi au christianisme, et devint un grand Saint. Dans une autre version, c’est Saint Éloi lui-même qui joue ce tour à un maréchal-ferrant trop prétentieux.
Cette légende explique pourquoi Éloi apparaît parfois, comme ici, tenant une jambe de cheval à la main. On comprend, dès lors, pourquoi il devint le St patron des maréchaux-ferrants, puis, par extension, des vétérinaires.
Saint Éloi est l’objet d’un culte particulier, notamment en Bretagne. Le 01 décembre, jour de sa fête, de nombreux chevaux sont menés vers les chapelles qui lui sont consacrées. On les asperge avec l’eau de la fontaine sainte ; on leur en fait boire, et on suspend à l’intérieur de la chapelle des crins arrachés à leurs queues, et parfois même des queues entières.

D’après Alexandre DUMAS, « Impressions de voyage », 1834.
Recueilli par Francis Lacassin
dans Contes et légendes des grands chemins, Bartillat, 2000.
http://bruno.maudouit.free.fr/ufm/modules/wfsection/article.php?articleid=34

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